Leçon en 3 points sur le chargement de l’enrobé ou comment rendre encore plus nocive une activité qui l’est déjà

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D’après les estimations réalisées, l’activité de la centrale à enrobé qui pourrait prochainement s’implanter sur la ZA Replonges/Feillens, devrait accroître le trafic routier de 80 camions de gros tonnage par jour ! Outre les nuisances sonores, les odeurs et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, qui ne sont plus à prouver, quelles seront les conséquences du transport de l’enrobée dans la ZA et aux
alentours? 

Pour en savoir un peu plus sur le transport de cette substance nocive, nous avons interrogé Jean-Claude Boucher, habitant de Replonges et chauffeur-livreur. Jean-Claude a transporté pendant un certain temps de l’enrobé et connaît très bien les procédés de chargement. Commençons donc cette petite mise à niveau sur le sujet !

Point n°1 : la phase d’arrivée des camions.
La 1ère étape est l’arrivée des camions à la centrale pour le chargement.

« Quand une centrale prévoit de charger des véhicules vers… disons 7h du matin, les camions vont être là minimum à 6h30 – 6h45, le temps de préparer leur semi. Les camions vont donc arriver avant l’heure d’ouverture et ils vont être sur une aire de préparation. Et là, l’aire de préparation il n’y en a pas. C’est la route. »

La route ? Le chargement de 80 camions chaque jour risque donc d’occasionner une gêne importante pour les autres entreprises de la zone !
Afin que nous mesurions bien l’étendue du problème, Mr BOUCHER précise :

« Il faut savoir qu’un camion ça fait minimum 15 mètres de long. Donc là, s’ils veulent accueillir ne serait-ce que 40 camions, si on fait un rapide calcul, il va y avoir une file de 600 mètres de camions minimum. L’entrée de la centrale ne faisant pas 600 mètres, les camions vont donc être dans la zone et bloquer l’accès aux autres entreprises de la zone. »

Comment, dans ces conditions, les entreprises de la Z.A pourront-elles poursuivre une activité normale ?

Point n°2 : la préparation des camions au chargement de l’enrobée.
Afin d’éviter que le bitume ne colle à la benne dans laquelle il est chargé, les chauffeurs enduisent cette benne de fuel. « Ils vont asperger l’intérieur de la semi avec le fuel. »
Les camions ainsi préparés vont ensuite passer sous la trémie, une machine qui déverse le bitume dans la benne. A ce moment là, une partie du fuel va servir de film entre le bitume et la caisse et une autre partie du fioul va couler … par terre. Dans certaines centrales, ce chargement se fait sur des aires non bitumières, c’est-à-dire sur des terrains de terre. Et dans ces cas là, le pire peut se produire :

« Le fuel qu’on met dans les caisses, il tombe par terre et cela infiltre les nappes phréatiques ».

Cela se passe de commentaires…

Point n°3 : le bâchage de l’enrobé
Une fois l’enrobé chargé dans la benne, il faut vite le recouvrir d’une bâche pour qu’il ne refroidisse pas trop vite. Et malgré cette bâche, dont l’utilisation est préconisée par le commissaire enquêteur, les odeurs de bitume restent très fortes :

« Ça sent le fuel, ça sent le bitume. Malgré la bâche oui ! ».

D’ailleurs, la bâche n’a pas vocation à empêcher les odeurs. Sa seule utilité pour les transporteurs est d’éviter le refroidissement du bitume jusqu’à l’arrivée sur le chantier.

Conclusion
Nous connaissons donc maintenant tous les secrets du chargement de l’enrobé et ne pouvons plus ignorer les nuisances que cela engendrera sur la Z.A Replonges/Feillens : blocage de la zone tous les matins, gêne pour les autres entreprises, pollution des sols, émanation de bitume et de fioul dans l’atmosphère.

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